Je me réveille tout doucement ce matin, de retour après ce run extrême.
Extrême par le nombre de km, le côté escarpé des routes empruntées, le dénivelé avalé.
On a vu une telle diversité de paysages, de choses magnifiques. C’est un vrai tour de France, un contournement dans les règles de l’Auvergne par le Sud, en partant de Paris et en finissant par les Alpes et puis Lyon. Magnifique et exigeant, le machin, quand même. Merci cher Don de frère pour ce programme de fou.
Et dans une auto reposante comme la Seven, cela fait que je ressors rincé.
Elle l’est aussi, rincée, la petite.
Les détails viendront avec les images, mais j’ai payé les 22000 km de petites routes faites à son volant ces 3 dernières années. Si moteur et chassis sont toujours au top, ce qui est accroché autour ne tient plus toujours bien. Les petites révisions ne suffisent plus, il faut un gros check-up…
Donc il y a eu quelques galères.
Mais nous sommes allés au bout, l’auto dort dans le Beaujolais chez Orazio que je remercie à nouveau, car je n’avais plus l’énergie de remonter à Paris, ni l’envie non plus en raison des risques de bouchons avec une auto sans dynamo ni démarreur.
Day 1
Départ de Paris en retard, dû au refus de démarrage de la Seven, bref à 4 nous partîmes, direction Orléans via la « route des betteraves ». ce fût avalé sans coup férir. Voyant mon indicateur de charge systématiquement dans le négatif, je marque une pause à l’entrée d’Orléans afin de regarder, avec l’aide de Mc Goohan. Le régulateur est oxydé, on le WD40tise, on tente de le régler, rien, j’appelle un orléanais qui me conseille l’atelier d’un marchand de pièces auto dans une zone commerciale. Grand moment de ce run, la traversée d’Orléans en travaux sous le soleil (donc avec ventilo qui pompe la batterie), on se paume dans la zone, bref, on a perdu un temps fou. Car l’électricien me dit immédiatement « oarf, les dynamo, on peut rien faire, ça s’fait plus ». Donc méthode Auratium, achat d’une nouvelle batterie et d’un alternateur compatible néanmoins, car je savais que Vincenzo venait. Je me disais qu’il fallait l’occuper en cas d’ennui.
Et nous de repartir d’Orléans, vers 16h. Il fallait accélérer le train. M Barso nous rejoint alors sur Orléans Vierzon fait par autoroute. C’est alors que le compteur de vitesse rend l’âme. Je me rappelle du bruit de l’aiguille qui retombe et qui rebondit au zéro.
Nous quittons alors l’autoroute pour tirer droit : Issoudun, la Châtre, Tulle. Cette dernière liaison est superbe. Lumière dorée de fin de journée, tracé sinueux mais rapide, je roule alors avec Lyons donc la 120 respire la santé. Mc Goohan manquait de vitesse de pointe pour tenir le rythme, nous a t’il dit après.
A 20h30, nous sommes là, il reste des bornes.
Nous arrivons de nuit à Souillac, déjà fatigués par ces (environ) 550km de cette première journée.
L’hôtel nous accueille pour dîner avec le sourire, nous enchaînons des canons de Gaillac, d’où le nom de ce petit bateau monoplace à rame, je suppose, puis nous posons des prunes sur le parking. Afin de les déguster autour des autos avec ceux arrivés plus tôt, Barto & Cut7, Lester & Brother, Vincenzo & Marizo, Jaz & Airelle.
Et c’est alors qu’en enlevant la batterie, Vincenzo remarque que la patte tenant la dynamo est cassée en 2. Il est 23h environ, le run commence le lendemain. Le temps de se dire « il faut trouver un poste à souder » « y’a un garage dans le coin », Vincenzo est sous l’auto à dévisser, déposer, remonter, me demander des écrous etc… Et hop, le temps d’avaler une prune et un Frucci amené par Barso (toujours aussi efficace, le Frucci), les 2 parties cassées sont boulonnées ensemble, et les attaches basses de dynamo sont remises. J’avais en effet prélevé (avec son accord, oeuf corse), une des vis qui relie au bloc sur la seven d’Epicure garée dans le même box. héhé…Avec son flegme, Vincenzo dit alors « ouï, c’est pas de praublème, tu peux finir le run comme çâ »
Re-prune, re-frucci, et au dodo !
End of day 1
Day 2. Souillac – Lacaune
C’est ce qu’on s’est dit à propos de la bouteille de Frucci qui nous avait pas mal abîmé. Les bonjours ont dont été « lacauniques ».
Nous filons alors vers Rocamadour, nous sommes 10 autos.
La météo est exécrable comme vous le voyez, les routes moches, vous l’imaginez…héhé
En clair, les conditions sont top, thanks a Lot avons-nous envie de dire. La pause du matin, c’est chez l’ami Volfo, le lieu est plein de charme, authentique. Cela est valable pour le garage. Merci pour l’accueil et la visite !
Nous faisons alors route ensemble pour aller non loin de St Cirq Lapopie pour déjeuner. Ce run en petit comité permet une convivialité moins facile à gérer à 25 autos. Et ainsi, de vivre des moments privilégiés, nous en avons conscience.
Ce déjeuner est un moment inoubliable, le lieu, l’accueil, la qualité des produits…Le menu est en effet extraordinaire. Merci à nos hôtes. A 17h passées, nous devons filer. Lacaune nous attend.
Pour illustrer nos qualités d’adaptation, voici un lieu de pause sur la route vers Lacaune.
Allez, on repart !
bon parfois il faut s’attendre
et arrivée à Lacaune. La place de l’église avait été réservée pour nous, le pétillant local servi autour des autos, bref, encore un accueil digne des grands événements. Vincenzo fait alors son activité favorite, la mécanique. L’Alfa a en effet les freins grippés. Nous sommes déçus qu’il les dégrippe, car il allait déjà à un rythme impressionnant ! Pour Vincenzo, la conduite, c’est juste une transition entre 2 séances de mécanique.
Dîner assez silencieux, nous sommes déjà fatigués, encore plus après les blagues de Lyons…
Allez, une prune et au dodo !
Day 3 : Lacaune- Ventoux (mais pourquoi elle ventoux, lacaune ? bref vous imaginez le niveau du dîner…)
Début de journée par le traditionnel poussée de Seven, même si le relief aidait mes pousseurs et pousseuses. puis traditionnel demi-tour du convoi dans le bled de départ. Je sais pas, c’est immuable, il faut le faire.
First, le shopi de Lacaune, haut lieu untergrund
vincenzo criminale
Barbarera
Don Era Millau
L’aire du viaduc est en effet une belle vitrine de l’Aveyron, avec de bons produits, et les capucins de Michel Bras sont délicieux. Mieux valait les goûter, car pour survivre avec le principe du run pique-nique, il fallait être efficace lors des mini pauses pour avaler le saucisson aux truffes, les fromages de Vincenzo, la rosette de Lyon dé Orazio, le pain sec de sir W. Bah oui, je participe au festin aussi. J’ai bien fait de ne pas ouvrir de vin (chaud), j’ai eu besoin des bouteilles par la suite.
Après routes top, sans photos pour ma part, avec ce fameux pique-nique en montagne vu chez les autres, à côté des autos, à 15h passées en se disant qu’il y a du km avant le Ventoux.
toujours Vincenzo Criminale, shooté par Marizo, alors passagère de la Seven
Passagère qui a pris le volant, bravo
Nous fonçons alors vers Bedoin. Nous contournons Avignon par le sud (le road book disait nord), heureusement Ernesto le pote de Vincenzo nous suit en MG V8, car la Seven se met à tousser au démarrage d’un feu, puis au feu suivant, le lancement des ventilo est inéluctable, et là, plus rien. Il faut pousser vite sur le bord car il y a du traffic, la MG se met en warning derrière nous. C’est évidement la batterie. Installée neuve à Souillac, elle aura tenue jusqu’à Avignon sur une journée 1/2 de route. J’ai l’autre rechargée prête à l’emploi. Cela fait penser aux premières courses auto, quand sur les Paris Bordeaux certains tentaient l’aventure en voiture électrique, il y avait des relais tous les X km pour changer. Cela a pris 5 min. Tendeur / gros scotch et zou.
A Bedoin, nous retrouvons Barto et Cut7, ayant effectué la journée de leur côté, pour aller chercher une courroie à St Chinian, la leur s’effilochant, l’humeur et la capacité à ingérer des fruits distillés de son proprio également. Mais St Chinian n’est pas connu que pour ses courroies, donc nos amis ont grevé le poids de la E avec des petites caisses…héhé
A présent, il s’agit de grimper le Ventoux, u Ventu…
Le Mont Ventoux est un mythe, pour les gloires passées qui l’ont affronté, pour ses paysages lunaires.
Tu pars de Bedoin, t’arrives dans le désert…cohérent
Bref, le jour descendait, la température aussi, allez on y va. Je pars en Seven avec Marizo à mes côtés, l’idée est de se faire vraiment plaisir. Era me double dès le début car j’attendais de voir Lyons dans mes rétros, il avait mis un casque blanc d’époque, j’aimerais d’ailleurs voir des photos de lui ainsi, dans sa 120 blanche au volant blanc.
Allez go go go, la route est déserte, je double Era pedal to the metal, et zou c’est parti, les virages s’enchaînent, la route a un rythme délicieux, la Seven est aux anges, une légère dérobade téléphonée, le reste sur un rail. Ce parcours dans la forêt est un régal dans ces conditions, comme sur route fermée !
En sortant de la forêt, je sens une vibration dans le train AR, je relâche un peu, cela s’amplifie doucement, je vois l’arrivée, notée à 5 km, je veux y aller, mais un bruit s’ajoute au mouvement, Marizo regarde, la roue oscille. We stop.
Certains passent alors, ils ont l’air de prendre leur pied, l’idée était de se retrouver tous en haut, bien évidemment.
J’enlève l’enjoliveur, la jante s’est fissurée autour de 2 écrous, le métal se déchire. Lyons s’arrête derrière moi dans une giclée de liquide de refroidissement.
Puis Orazio, Mc Goohan, Jaz nous rejoignent.
Nous n’arrivons pas à sortir 2 écrous, le filettage tourne avec. Il fait très frais, la nuit tombe. Ernesto, mécano de son état, demande des rondelles pour consolider tant bien que mal autour des écrous qu’on peut dévisser. C’est alors que je trouve un morceau de la patte qui tenait la dynamo qui avait cassé aux Ecuyers. Cela fait l’affaire, l’idée est de redescendre au ralenti, aller au resto pour évoquer la suite. On commence à réfléchir aux opportunités garagistiques locales, il y a paraît-il un garage Renault à Bedoin qui est fan d’anciennes…
Mais nous sommes samedi soir. Le lendemain, dimanche, le surlendemain, férié…
Si seulement le resto connaissait le type du garage, il pourrait peut-être nous dépanner. Allez, on redescend à 40km/h, à l’affût de tous les bruits.
Arrivés au resto, je tombe sous le charme. Le Guintrand, à Ste Colombe, est vraiment un lieu craquant, l’accueil est des plus chaleureux.
Les autres sont à table, je me pose, un peu dans les vappes et tentant d’imaginer les suites possibles, TGV ? VDA ? réparation, mais où ?
Quand Era me tape énergiquement sur l’épaule. Le garagiste Renault ? il est de la famille de la proprio du resto ? Aussitôt appelé, sa femme répond, « il dort, désolé il ne pourra vous aider ce soir, mais demain matin, pas de problème » Il était 22h30, je n’imaginais pas une seconde le déranger le soir même, le dimanche matin tenant déjà du miracle.
Il restait 70km au groupe pour aller à leur hôtel après le dîner. Ils ont eu du courage. Avec Lyons, on décide de rester à Bedoin, lui pour démonter son tambour avant gauche qui avait un caillou dedans. L’hôtel resto est complet ? la patronne nous propose alors de nous héberger. On se retrouve dans la chambre d’un adulescent, Sir William Lyons dans le même lit !
Le matin, discussion autour de la XK avec le mari de la patronne, on voit une durit sèche et fissurée, avec fuite de liquide de refroidissement. Le mari file dans son garage, et ramène un morceau, « voilà ce que je peux te donner ». Il prend, on verra au garage.
On file rechercher la Seven restée devant le resto, et zou, chez Renault. Eric nous attend, très sympa et heureux de pouvoir aider.
Il faut sortir la roue. Pas d’autre choix que de disquer la jante puis les écrous récalcitrants
enfin, il a fallu poser des points de soudures par derrière pour tenir le filetage, ce qui normalement est emmancher de force, avec des canelures qui empêchent qu’ils ne bougent.
La roue a dû se dévisser, dixit Eric, je checke les autres, qui sont parfaitement OK. Bizarre, elle sort du garage, où les pneus ont été changés. Eric me dit que 2 filetages avaient déjà été ressoudés. Il manquait donc 2 écrous de roue, sacrifiés pour la sortir. Les voitures ont maintenant des goujons, donc Eric cherche, va sous un établi où par terre un tas de pièces est posé. « c’était une caisse de vieilles pièces », il en trouve un, teste, c’est bon ! et un 2ème est trouvé. Sinon, nous aurions dû en prendre un sur une autre roue. Cela aurait limité mes ardeurs, du coup. Là, il me dit de rouler normalement, cela va tenir sans problème. On a installé le bon pneu sur la jante de secours et j’étais bon pour repartir.
Pendant ce temps, Lyons, enlève sans problème le gravier qui s’était incrusté tambour battant, et démonte la durit.
Celle donnée par Alain, le matin, est sur-mesure ! bon diamètre, bonne longueur ! on se dit qu’on est verni, quand même. Après 2 heures d’arrêt, des chaleureux remerciements à nos sauveurs, la caisse de vin remise pour marquer le coup, nous quittons nos losange gardiens
Donc nous reprenions la route avec Lyons, rouler en duo ainsi est agréable, surtout quand le rythme est bon. Passés les premiers km, je suis rassuré sur le comportement et je peux rouler « comme avant ».
Nous choisissons de rejoindre Sisteron par Sault en empruntant la route des gorges de la Nesque. Wunderbar
Lyons checkait que son montage de durit tenait bien. C’est le cas. Nous sommes d’humeur plutôt badine. L’idée d’emprunter de jolies routes pour rejoindre la route Napoléon, il y a pire. Nous essuyons par la suite les seules gouttes de pluie du we. Le ciel est noir du côté du Ventoux, on voit des éclairs. Nous sommes en bordure de cette zone, la route est mouillée sur 10/15 km, rien de perturbant.
Sisteron, halte déjeuner rapide, il est 15h30. Rien n’est plus agréable qu’un sandwich pain mou / doigts dégueu accompagné d’un panaché bien blanc
La route Napoléon dont j’avais des souvenirs d’anthologie est pénible sur la fin, certains roulant à 30km/h suivis d’une cohorte de monospaces. Il y a eu des dépassements épiques, toujours dans le respect du code de la route et des règles de visibilité. Mais musclés.
A Grenoble, nous filons vers Albertville, les autres ne sont pas loin, le lieu de rendez-vous est la route du col des saisies. Lyons file directement vers Ugine pour emprunter les Aravis et rejoindre de la famille au Grand Bornand, lieu d’arrivée.
Je retrouve Era, Orazio, Barso, Barto, premiers de cordée pour les saisies. Go go go, la Seven retrouve vite L’Alfa d’Orazio, puis la E de Barto (je n’ai aucun mérite, il suffit d’appuyer sur la pédale de droite, elle fait le boulot). Les craintes liées à la roue sont oubliées, juste faire gaffe quand la route est mouillée.
Après les saisies, le col des Aravis, avec une belle pause dans un de ses virages. Justin B’s family nous reçoit de façon grandiose encore une fois, avec notamment des reblochons fermiers à tomber. Merci à eux, la convivialité de ce type de moment donne tout son charme à ces runs. La vue est grandiose.
Il nous restait 20mn de route environ, menés grand train, pour arriver au Grand Bornand. Au menu, du fromage !
bon cépatou, il y a encore le jour #5, celui du retour à la vie à la ville, notre urbi et orbi in a way.
Réveil sous le soleil du grand Bornand
Petit dej au soleil, royal, 225km au programme, une paille. Sauf quand on roule à 10/12 autos, qu’il y a des perdus en route et que…on emprunte des GR ! cf photos de certains sur le plateau des Glières (belles photos d’ailleurs), mais mécaniquement pas des plus sereins. Même si ma Seven est plutôt haute, je n’ai pas l’angoisse de frotter.
Remake de la coupe des Alpes
Scuderia del bordello
C’est sympa aussi de voir rouler son auto. Les lovers à nouveau ensemble…
L’Alfa est attachante. Un beau potentiel au prix de quelques améliorations. Il faut qu’Era la biscione
Nous filons vers Lyon
Merci à toutes celles et ceux qui ont poussé la Seven ce week-end !





































































































































































































































































































































































